Gennevilliers au Début du 20ème Siècle

Bonjour, je suis le «Père Gégène», Eugène pour les intimes, un vieil habitant de Gennevilliers.

Je suis né, en 1928, la ville était encore rurale avec ses fermes, ses champs, ses vignes et son petit village autour de l’église et sa mairie.Le soir, lors de nos veillées au coin du poêle à bois, nous n’avions pas la télé à cette époque et ce n’était pas plus mal, grand-père nous racontait ses histoires de jeunesse. Mes sœurs et moi l’écoutions avec toute l’attention que nous portions aux personnes âgées.

A Gennevilliers, nous racontait-il, le 1er janvier 1900 il pleut par intermittence et les travailleurs agricoles peuvent exceptionnellement faire la grâce matinée. Les dix mille habitants sont réveillés par le clairon de la compagnie des pompiers. La fanfare municipale passe dans les quartiers et termine sa tournée sur la place de l’église devant le maire Louis Justin ADDENT. Ce premier janvier, circule le tramway appelé « Serpollet » du nom de l’inventeur de la chaudière à vapeur instantanée. En cette journée de fête ma famille se promène sur la place de l’église Marie Madeleine construite au 17ème siècle et plusieurs fois restaurée et au parc de l’ancien château qui a encore ses douves et ses arbres centenaires. Notre promenade nous conduit au sud de la ville où les eaux d’épandage des égouts de Paris arrosent les terres du  village des Grésillons.

L’évolution économique y amène une population venant d’autres villes du département de la Seine et surtout d’autres régions et quelques étrangers. La commune de Gennevilliers est divisée administrativement en trois sections et les conseillers municipaux répartis ainsi : 12 pour le Centre, 6 pour les Grésillons et 5 pour Villeneuve la Garenne qui faisait encore partie de Gennevilliers.

Du 22 au 24 mars 1900, poursuit mon grand père, a lieu une des premières grèves organisées. 28 charretiers s’opposent à l’amende qu’ils doivent payer lors d’accidents de voiture, celle-ci passant de 5 à 2O francs. Ils refusent de reprendre le travail et sont remplacés. Le droit de grève à l’époque est loin d’être respecté.**  Néanmoins au début de ce 20ème  siècle, se sont toujours des métiers séculaires qui donnent à Gennevilliers son principal caractère rural.

Il y a plus de 4OO cultivateurs, la plupart appartenant aux vieilles familles gennevilloises. Ils cultivent tour à tour sur la même terre, la betterave, le blé, l’avoine ou la luzerne et possèdent quelques arpents de prairie pour les bêtes à l’étable et un petit coin de vigne. D’autres qui utilisent les eaux d’épandage cultivent du seigle et également du blé, de l’avoine et du lin. Les maraîchers, sont une soixantaine, dont mon aïeul. Ma grand-mère, elle, s’occupe des bêtes de la ferme familiale. Les maraichers cultivent des légumes en grand nombre. Ils se servent des eaux d’épandage, tandis que d’autres arrosent leurs légumes avec l’eau tirée du puits ou de la cuve installée sur le toit. Ils vendent leurs productions sur le carreau des Halles, des poireaux dont le fameux poireau de Gennevilliers, des oignons, choux, asperges, pommes de terre, artichauts, haricots verts, petits pois, oseille, persil et divers autres primeurs.

Les nourrisseurs, une soixantaine, pratiquent l’élevage et le nombre de vaches approche les 400 têtes. Comme les prairies naturelles ne sont pas assez grandes, le bétail est gardé dans un bâtiment annexe à la maison. Au milieu de la cour le fumier est recueilli précieusement car sa vente permet l’achat de fourrage. La vache est une source de revenu car en plus du lait quotidien, que les habitants viennent chercher à la ferme ou vendu à domicile, s’ajoute le beurre, le fromage. Chaque année, si tout va bien la vache donne un veau.*

Mon oncle est blanchisseur, Ils sont plus de 200. Gennevilliers a de la place et ne manque pas d’eau. Bien souvent le linge est lavé au baquet, chaque lavandière son battoir à la main. Ce bruit est amplifié par le babillage des commères. Le séchage se fait en plein air ou dans de grands hangars spécialement aménagés. Une fois le linge séché, c’est le tour des repasseuses qui travaillent avec application dans une odeur de saine propreté. Les fers à repasser sont disposés en rond autour d’un poêle toujours chaud. Tout le linge, draps, serviettes, dentelles et froufrous, sont repassés avec minutie, particulièrement les coiffes gennevilloises de ces dames dont chaque pli doit être marqué avec précision. D’ailleurs ces dames préféraient être appelées lingères que repasseuses.

Une cinquantaine de chiffonniers gennevillois, les « biffins », cent avec les expropriés de Clichy, Levallois et St Ouen, sont groupés principalement dans deux quartiers, les Grésillons et le Village. Le tri de leur collecte se fait l’après-midi pour être ensuite acheminé vers les circuits correspondants. La famille s’y rend régulièrement car le porte-monnaie est souvent vide.

Les autres métiers pratiqués dans notre commune sont ceux de charretier, cocher, allumeur de réverbères, 74 fonctionnent au gaz et 48 au pétrole. On recense également un fabricant de craie, des fondeurs de graisse, des chemisiers, gantiers et giletiers. Il y a bien sûr un forgeron, métier qui se combine avec celui de maréchal-ferrant. Grand-père affirme que c’est un ami, établi aux Agnettes, qui a forgé le premier fer à cheval en aluminium pour les chevaux de course. Une vingtaine d’ateliers mécanique réparent machines agricoles et autres véhicules. Certains vont réussir à devenir des constructeurs de premier plan.

Grand-mère prédit que l’ère industrielle va petit à petit supplanter tous ces métiers. Les terrains non bâtis et très étendus sur Gennevilliers font que le coût à l’ha est un des plus bas de la région parisienne. Cela va faciliter une rapide implantation d’entreprises. Pour leur développement il va falloir désenclaver la presqu’île. La construction des ponts de St Denis et l’arrivée du train vont y contribuer. Sur la ligne Gare du Nord-Ermont, Gennevilliers est dotée de deux stations, une aux Grésillons une autre sur la route d’Epinay. Cette dernière imbrique une importante gare de marchandises et la ligne de chemin de fer va permettre l’implantation de grandes entreprises industrielles telles l’usine à gaz où de nombreux gennevillois vont travailler abandonnant leurs activités rurales.

Danny GEOFFROY

D’après l’histoire condensée de Gennevilliers de Henri-Claude BONNET

Président de la Société d’Histoire de Gennevilliers

*La dernière ferme qui se trouvait au Village, rue du Puisard, fermera ses portes en 1966.

** 25 mai 1864 : abrogation du délit de coalition et instauration du droit de grève par la loi Ollivier, que suivra la loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats en France (1884). Émile Ollivier et Pierre Waldeck-Rousseau étaient considérés comme des libéraux sous la IIIe République.

27 octobre 1946 : le droit de grève est pleinement reconnu dans la constitution (« Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent », alinéa 7 du préambule

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Pierre Kerbastard Président de l'OTSI de Gennevilliers