La Guerre de 1914-1918

« Trois ans, ils sont fous. Ah si ils avaient écouté Jean Jaurès* la guerre aurait pris un autre tournant. D’ailleurs c’est pour cela qu’il a été assassiné le 31 juillet 1914. tu te rends compte deux cent jeunes Gennevillois sont déjà sous les drapeaux.» clame Georges Roche mon Grand Père. En cette année 1914 au mois d’avril la vie locale s’anime à l’occasion des élections législatives. Le parlement vient d’élever à trois ans la durée du service militaire. Cette décision est mal accueillie par les ouvriers. Comme pour souligner l’accroissement des effectifs, en ce même mois, il y a trois passages de troupes dont la commune doit assurer l’hébergement, la nourriture des soldats ainsi que le fourrage des chevaux. Le samedi 25 juillet, est célébrée la fête annuelle de Sainte Marie Madeleine. Fanfare, bals, jeux devaient animer cette journée mais cette fête n’ira pas jusqu’au bout. Le samedi 1er août c’est la mobilisation générale.Le 3 août l’Allemagne déclare la guerre à la France. Chacun pense que la guerre va durer quelques semaines. « A Berlin ! Il faut aller à Berlin ! » Une vague de chauvinisme déclenche des affrontements et des actes de violence. A Gennevilliers des magasins « MAGGI » dont on dit qu’ils sont d’origine allemande sont saccagés. Les boiseries et les meubles sont brûlés dans la rue. La mobilisation a laissé un grand vide. Les usines, les boutiques ont fermé. Le 2 août le conseil municipal décide notamment l’attribution de secours aux familles nécessiteuses. A la demande du Comité Gennevillois des Dames Françaises, l’école des garçons du centre est transformée en hôpital  à titre auxiliaire.

Le premier Gennevillois est tué le 19 août 1914. Ce sera le premier d’une longue liste. A la fin de la guerre on compte 519 morts auxquels s’ajoutent 141 autres décès qui n’ont pas été transcrits, ce qui fait un total de 660 morts sur une population d’un peu plus de 14 000 habitants.

Le dimanche 21 mars 1915, avant le lever du jour, un zeppelin survole la presqu’île passe au dessus de Gennevilliers et lâche une bombe qui tombe sur l’avenue des Lots Communaux sans faire de victime. Les entreprises industrielles de la ville vont participer à l’effort de guerre. La Sté « GNÔME » devenu « GNÔME ET RHÔNE** » poursuit sa fabrication de moteurs d’avion. En 1917 l’usine se transforme pour fabriquer des pièces de forges et de fonderie. En 1916, le « CARBONE » fait construire un grand atelier destiné à la fabrication de piles affectées aux besoins militaires. Le personnel atteint 750 personnes. Les usines « CHENARD et WALKER » s’agrandissent successivement en 1915 et 1916 pour construire des obus. De 500 par jour, à la fin du conflit elle sera de 5 000/j. En 1917 nouvel agrandissement pour la construction des moteurs « HISPANO » destinés  à l’aviation. D’autres entreprises s’installent à Gennevilliers. En août 1915 la « Sté Mécanique de Précision » acquiert des ateliers de la DWF fabricant de roulements à bille. En 1915 également les DOCKS de PETROLE sont mis en exploitation et constituent un centre de stockage parmi les plus importants de la région parisienne. En 1916 s’implantent les établissements BEHIN qui se consacrent au travail de la tôle. En 1917 se sont les établissements DELACHAUX spécialisés dans la fonderie d’acier.

Les hommes au front, les femmes prennent le relais. Pour les maraîchères ce n’est pas un grand changement, la différence repose sur les travaux pénibles accomplis habituellement par les hommes. Le fait nouveau c’est leur rentrée dans les usines. Leur travail est harassant et mal payé. Les hivers rudes aggravent les conditions de travail. On voit également des femmes occuper les différents services publics dont elles étaient écartées. Elles deviennent conducteur ou receveur de tramway. Elles remplacent les charretiers qui vont livrer les halles de Paris. On voit passer dans les rues les femmes facteur, contrôleur, livreur. Le 1er septembre 1918, le conseil municipal « autorise M. le Maire à employer des femmes comme cantonnier auxiliaire temporaire » A Gennevilliers le rationnement des produits de première nécessité et leur coût élevé est compensé par la culture des légumes dans les jardins et l’élevage toujours très répandu.

L’état de guerre a permis la suppression des libertés syndicales. Il en résulte des conditions de travail plus dures. Chez CHENARD la journée de travail passe de 10 à 12h. Pour certains postes les repos hebdomadaires sont supprimés ou ramenés à une demi-journée. En mettant en avant le sacrifice des soldats, on demande aux travailleurs de faire des efforts, excellent prétexte pour ne pas augmenter les salaires. Cette situation pénalise les femmes qui, moins payées que les hommes, ont à assurer la charge du foyer. Au printemps 1917, le mécontentement va finir par s’exprimer par des arrêts de travail dans la métallurgie auxquels se joignent les femmes. Le 1er mai 1918 les métallos de Gennevilliers participent massivement à la grève des métallurgistes de Paris. Ils obtiennent des augmentations de salaire et une réduction du temps de travail.

A partir de 1917, comme dans toute la France, « l’espionnite » sévit à Gennevilliers. Sur les murs du parc Richelieu et de toute la ville des affiches sont placardées « Taisez-vous ! Méfiez-vous ! Des oreilles ennemies vous écoutent »

Quand la guerre se termine, la grippe espagnole sévit dans la région parisienne. A Gennevilliers, il meurt en moyenne une personne par jour. Les industries installées avant la guerre reprennent leurs activités. D’autres entreprises s’implantent. En 1919 la plus importante est celle de la Centrale Thermique Electrique puis viennent les Forges et Fonderies de Gennevilliers, les Etablissements Aubert et Duval, l’usine de Tirage Cinématographique Maurice où de nombreux films étrangers seront postsynchronisés, la Société des trains Chenard et Walker qui deviendra en 1930 la Sté des tracteurs FAR. L’installation de toutes ces entreprises entraîne son corollaire la création d’une classe ouvrière dont les revendications vont devenir plus pressantes. En 1919, avec le retour des démobilisés, le chômage refait son apparition, les femmes sont licenciées. Pendant la guerre les journées étaient de 12 h et les salaires bloqués. Si le 28 avril le gouvernement fait voter la journée de 8 h, la loi n’est pas appliquée. Début juin, le mécontentement ouvrier entraîne des mouvements de grève qui seront très suivis jusqu’à la fin du mois. Ces mouvements reposent sur l’augmentation des salaires. Les ouvriers des produits chimiques obtiennent 15 f par jour au lieu de 10,50 f et 10,50 f pour les femmes  au lieu de 8,50 f. Le mouvement syndical s’en trouve renforcé. Pendant les grèves, la préfecture avait demandé aux 78 maires de la région parisienne de n’accorder les allocations chômage qu’aux travailleurs non grévistes. Le 11 juin, Léon Kuttel, secrétaire syndical du comité inter-entreprises d’Asnières, Gennevilliers et Bois Colombes écrit au maire de Gennevilliers pour lui demander s’il pourrait lui procurer du charbon pour les soupes « communistes » organisées pour venir en aide aux familles nécessiteuses. Après quelques hésitations le conseil municipal donne son accord. L’aide municipale pendant ces trois semaines s’élèvera à 1 250 f et 1 150 kg de charbon. En 1920 la grande grève des cheminots qui s’étalera du 3 au 29 mars ne  semble pas avoir d’incidence à Gennevilliers. Au cours des années 1920-1930 le mouvement syndical se développe et se situe à Gennevilliers nettement en faveur des tendances révolutionnaires. Les revendications, appuyées par des journées de grève, tournent essentiellement sur les augmentations de salaire. Quelquefois elles n’aboutissent pas et entraînent des dizaines de licenciement mais le plus souvent elles se concrétisent par des augmentations substantielles.

 

Danny GEOFFROY

 

* Jean Jaurès est un homme politique français, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914 par Raoul Villain. Orateur et parlementaire socialiste, il s’est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

** Nationalisée après la guerre, elle prendra le nom de SNECMA

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