Les Biffins

Une profession méconnue : chiffonnier

Les biffins des Mourinoux Dans la chronique de la rue Dupressoir je vous ai parlé des 2 copains Lucien et Yvon qui ont passé leur jeunesse dans le quartier des Grésillons. Aujourd’hui je vais vous parler de Lucien. Dans son enfance il a bien connu une catégorie de travailleurs qu’on appelait « les biffins ». Certains d’entre nous croient que c’est un terme péjoratif et pourtant c’est un mot dérivant de « Biffe » (XII° siècle) étoffe rayée puis chiffon, objet sans valeur. Par extension, le mot biffin désigne au XIX° siècle les chiffonniers puis les militaires de l’armée de terre qu’on accusait d’être habillés comme des chiffonniers. Je ne parlerai pas des militaires, laissons-les dans leurs misères mais parlons des chiffonniers de notre banlieue.

«Peaux de lapins, chiffons ferrailles à vendre»

Cette phrase se fait entendre dans les rues de notre ville, comme à Paris et dans toute la France. Le chiffonnier passait de maison en maison, à la recherche de chiffons qu’il revendait aux papetiers; il collectait également les peaux de lapin, vieilles ferrailles. Généralement, on ne le laissait pas entrer dans la maison, l’échange se faisait sur le pas de la porte. Il circulait seul avec une grande hotte ou avec une charrette tirée par un âne, ou même un chien. A Paris, la profession de chiffonnier bénéficiait d’une reconnaissance des autorités de police (comme pour les taxis aujourd’hui): chaque chiffonnier (également appelé Chiftire) se voyait attribuer un crochet, une hotte, un secteur et une plaque. Ce travail avait son utilité sociale, prémices du « tri sélectif » pratiqué aujourd’hui. De nos jours, le terme de chiffonnier conserve un côté péjoratif quand il veut désigner une personne mal habillée, parlant souvent un langage vulgaire. L’expression « se battre comme des chiffonniers » témoigne encore de l’âpreté de ce métier; pour un simple vieux chiffon, les hommes étaient prêts à se battre.

Le décor est planté, revenons-en à Lulu. Il a passé sa prime jeunesse Aux Mourinoux, terminus actuel de la ligne de métro N° 13, à la frontière de Gennevilliers, au temps où les champs, les terrains vagues et les sablières constituaient ce quartier. Dans cet espace se sont rassemblés les chiffonniers repoussés de Paris et des fortifications, espaces et terrains vagues qui entouraient Paris, approximativement à l’emplacement du périphérique actuel. Pour l’anecdote il y avait aussi dans le quartier « Le Père Petit », qui portait bien mal son nom puisqu’il mesurait plus de 2 mètres, qui élevait des cochons nourris par des « tinettes » emplies des eaux grasses des hôpitaux de Paris. Par préoccupation grégaire les biffins se rassemblent par groupes d’affinité, par familles. Ils s’appelaient Laroque, Breton, Bohin, Quelquejeu, Verchel, Picard… et c’est ainsi que Lulu de la famille Laroque se retrouve aux portes de Gennevilliers. C’est une façon de vivre en famille qui leur convenait. « Le travail est dur, mon père part pour les beaux quartiers de Paris à trois heures du matin avec charrettes, sacs, crocs, chacun vers son secteur. Parfois on empiète sur le secteur de l’autre ce qui provoque rixes et bagarres, nombreuses dans cette catégorie professionnelle.» raconte Lulu et il continue : « Plus tard il achètera une Camionnette Citroën type H « TUB » et 1 Renault 1000 Kg ce qui rendra le travail moins fatigant. Au retour les sacs, plus de 100 kg pour certains, sont déchargés aux crocs qui s’enfoncent dans les toiles de jute, mon père les portait tout seul, on n’était pas feignant à l’époque. Au retour vers 8 heures du matin Ils vont ensuite « triquer » c’est-à-dire déverser leurs sacs sur une sorte de tamis constitué d’un grillage tendu sur des tréteaux, et on pouvait ainsi les trier et les répartir par catégories dans différents récipients. Plus tard, la bureautique évoluant, leur trésor deviendra plus noble avec les feuilles de « listing » revendu à prix d’or aux papeteries qui recycleront ces papiers carton. Chaque chiffonnier faisait avec ces paperasses une balle, genre de cube sanglé et compacté, qui finissait, montée à l’échelle avec le croc, dans les greniers. Ces opérations étaient très rentables, d’autant que certains trichaient en mouillant les papiers et cartons du milieu de la balle pour qu’elle pèse beaucoup plus lourd car vendue au poids. Certains de ces biffins achèteront à Herblay des maisons et des terrains pour augmenter leur pécule. Les balles seront ensuite revendues chez Margoline et Stopete grossistes de la récupération de papier et cartons. Vers midi-une heure tout le monde va se laver les mains, voire se doucher, pour s’habiller ensuite avec ces « cotes de travail » salopettes noires avec des bretelles et direction le Bougnat pour boire, jouer aux cartes, chanter et raconter sa matinée. Pendant ce temps les femmes s’installaient sur le trottoir et tenaient la conversation avec les voisines tandis que les « mômes » jouaient dans la rue ou sur le trottoir. Les familles étaient nombreuses, 5-6 enfants c’était courant, voire même 15 enfants. Souvent au retour du matin les pères distribuaient les jouets trouvés dans la biffe en disant « Tiens mon homme c’est pour toi ».Tout à coup un cri jaillit dans la communauté « Y’a la guerre à Colombes ». Ni une ni deux tous les hommes sautent dans les voitures par groupes de 4 ou 5 et foncent vers les chiftirs de Colombes et c’est la bagarre pour divers prétextes futiles ou pour une femme courtisée par un étranger. Mais les hostilités s’arrêtaient bien vite après quelques blessures physiques ou morales, la paix revenait.

C’était ça la vie des biffins.

Sur un récit de Lucien que je remercie sincèrement.

Danny GEOFFROY

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