La rue de la Couture d’Auxerre

Histoire d'une rue

Au début du 20ème siècle Gennevilliers passa de la vocation agricole à la vocation industrielle. Les grands terrains cultivés furent investis par des industriels qui quittaient Paris pour y construire leurs usines, ce qui amena beaucoup de petits artisans à les suivre. Des petits commerçants et autres petits métiers vinrent se mettre au service des nouveaux habitants et de leur famille, tendance qui s’amplifia après la première guerre mondiale. Pourtant beaucoup d’agriculteurs résistèrent avec la culture des choux, des salades, des carottes et surtout des poireaux. Les poireaux de Gennevilliers étaient très réputés et il existe encore en Angleterre des paquets de graines de ces fameuses plantes potagères alliacée aux longues feuilles vertes « Poireaux de Gennevilliers » en français dans le texte.

Suivant la saison les légumes étaient apprêtés à la ferme dans un local approprié, rangés dans des clayettes. La ferme avait aussi une écurie pour un ou deux chevaux, le hangar pour le matériel agricole les charrettes et les tombereaux et, bien sûr, la partie habitation.

Il y avait aussi des maraichers qui exploitaient des terrains d’un à trois hectares (carré de 100 mètres de côté, soit 10 000 mètres carrés) qui eux aussi avaient des chevaux dont le fumier servait  d’engrais pour les cultures. A cette époque, faisant suite à la première guerre mondiale, Paul Decauville, fils d’agriculteur avait conçu un type de voie de chemin de fer de faible écartement (40 à 60 centimètres). La voie est formée d’éléments entièrement métalliques rails et traverses qui peuvent se démonter et être transportés facilement. Cette invention a trouvé des applications dans de nombreux domaines : exploitations minières et industrielles, desserte d’ouvrages militaires etc… Les wagonnets étaient d’abord poussés à la main ou tractés par des chevaux. Beaucoup d’agriculteurs et maraichers de Gennevilliers utilisèrent ce système de transport dans leurs cultures. Dans les fermes il y avait un gros tas de fumier bien équarri en forme de meule, récupéré dans les écuries mais aussi ramené de Paris au retour des Halles. Ce fumier servait à enrichir et chauffer les châssis vitrés car mélangé à la paille la fermentation du fumier dégage une bonne chaleur. Celle-ci protégeait les plans des gelées printanières et favorisait la pousse des légumes.

Au printemps les rangées de châssis et de cloches en verre servaient de cibles aux garnements de passage que nous étions alors. Ces cloches servaient de mini-serre pour augmenter la chaleur des premiers rayons du soleil. Les fermes des agriculteurs étaient aussi remarquables par les citernes à eau cylindriques, posées sur les toits des hangars et remises, d’une contenance de plusieurs mètre-cube peintes au goudron et qui servaient de réserve pour l’arrosage. L’eau été pompée de la nappe phréatique et refoulée dans ces cuves avec une pompe électrique lorsque l’électricité fut installée. Auparavant un cheval tournant  au pas dans un manège actionnait cette pompe. L’eau trop fraiche du sous-sol s’échauffait dans ces cuves et descendait à la bonne température avec une pression suffisante dans les tubulures pour actionner les tourniquets d’arrosage.

Par contre dans « la plaine », aujourd’hui le port de Gennevilliers et le quartier est vers Villeneuve La Garenne, aujourd’hui le Parc des Chanteraines, la fertilisation se faisait grâce aux eaux d’’égout de la Ville de Paris. On appelait cette eau « Eau d’épandage ». De grosses canalisations souterraines avec des vannes de distribution le long des rues et chemins, laissaient s’échapper ces eaux qui étaient dirigées par des rigoles creusées vers les cultures pour les irriguer. Chaque parcelle de terrain avait droit à un certain temps d’écoulement aussi bien le jour que la nuit. Il  fallait respecter ces horaires et chaque bénéficiaire devait aller à l’heure exacte dévier les eaux suivant le programme.

L’ingénieur français qui organisa et fit construire ce système, Alfred Durand-Claye a eu sa statue dans un premier temps Place Voltaire, puis dans le parc de la rue de la Paix où se trouve maintenant le nouveau CMS. C’est à partir de cette date que Gennevilliers fut surnommée « Gadouville les eaux grasses ». L’été l’odeur était très présente sur la ville.

Cultivateurs et maraichers livraient les légumes de saison aux Halles Centrales de Paris. Le départ avait lieu vers 4 heures du matin avec leurs charrettes pour se rendre sur l’emplacement réservé aux halles. En revenant ils chargeaient du fumier chez les transporteurs hippomobiles parisiens.

Devant la demande croissante de terrains à bâtir, les cultivateurs, avec l’aide des géomètres, firent des lotissements de leurs champs. Ils créaient une voie dans l’axe de ces champs. Ils faisaient installer la viabilité de ces voies, égout, eau, électricité, gaz. Puis les deux bandes de terrain de part et d’autre de la voie étaient découpées en tranches vendues avec façade plus ou moins grande suivant que l’acquéreur disposait de plus ou moins d’argent. A cette époque il n’existait pas beaucoup d’organismes préteurs, il fallait donc payer avec des économies réalisées sou par sou tout au long de sa vie. Les lots avaient en général une surface de 120 à 250 m2.

Le quartier de la Couture d’Auxerre est un exemple de ces lotissements. Ainsi furent créées de nouvelles voies : les impasses du Routoir, des Chevrins, Madeleine, de la Couture d’Auxerre, devenues depuis les années 50 les rues Descartes, Georges Sand, Stendhal, Jules Vallès. Les nouveaux arrivants venaient de Levallois, comme le Carbone Lorraine qui venait de s’installer rue de Paris, maintenant rue Jean Jaurès, sur les terrains de trois maraichers. Ce fut la même chose pour Geoffroy-Delore qui venait de Clichy.

Texte Danny GEOFFROY sur des documents originaux de J. CAVALIER

Un nom, une rue :

A l’origine, c’était un chemin viabilisé sur un ancien lieu-dit qui fut transformé en rue en 1929. Le premier terme « Couture » vient d’un mot de vieux français signifiant « culture », champ labouré, terre cultivée ou ensemencée. Quant au second terme « Auxerre » il n’en ressort que de fragiles suppositions.

Cela pourrait venir du mot gaulois autussios qui signifie tisserand, ou bien ce terme aurait-il une connotation avec le lieu-dit voisin  « le Routoir » qui se rapporte à un vaste trou rempli d’eau où, autrefois, on faisait bouillir le chanvre et le lin ? On parlerait donc de « culture des tisserands »…

Ou peut-être une déformation du mot « coutre » qui est un soc placé à l’avant de la charrue. La rue suit le tracé de l’ancien chemin des Bourguignons, En effet la Bourgogne a comme capitale Auxerre dont la spécialité depuis l’antiquité est la fabrication d’objets agricoles en fer dont le « coutre ».

Mais l’hypothèse la plus volontiers retenue serait « Culture d’Auxerre » car vraisemblablement, la vigne a été cultivée pendant plusieurs siècles à Gennevilliers.*

* Sources Archives municipales de Gennevilliers

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