Rue Dupressoir

Il y a 50 ans dans la rue Dupressoir (Peut-être du pressoir ?)

Je, Père Gégéne, vieux gennevillois, vais vous narrer la vie de deux jeunes hommes habitant la rue Dupressoir, peut-être la plus vieille rue du quartier des Grésillons

A cette époque bénie la fraternité, la solidarité existaient réellement. Les habitants faisaient block et l’ensemble soutenait toujours une famille en difficulté, toutes les familles de la rue se connaissaient et chacun soutenait et aidait l’autre qui pouvait être dans la peine. Avant les années 60 les parents tenaient leurs enfants et l’éducation était alors donnée souvent par les ainés qui tenaient leur rôle. Rue Dupressoir la plupart des familles sont nombreuses, la grande majorité comporte au moins 6 enfants. Les logements sont petits mais bien tenus, pas de salle de bains, les gamins se lavent quand il fait beau, dans la cour, dans des bassines de métal zingué dont l’eau qu’elles contiennent est chauffée au soleil. Pourtant chaque enfant est propre dans des vêtements pas neufs mais en bon état,la pub n’a pas encore envesti les esprits, pas de Nike, Adidas, Lacoste et autres pièges à porte-monnaie. Les mamans veillent à ce que les gamins aillent à la communale dans de bonnes conditions. Le matin tout le monde se retrouve en groupe sur la route de l’école des Grésillons, peu de parents. Après la guerre, dans les années 50, les enfants à partir de 5, 6 ans se rendent seuls à l’école, peu de voitures, les rues sont plus sûres, les pères sont au travail depuis longtemps, presque tous les hommes de la rue travaillent chez « Chausson »,  les mères œuvrent aux taches ménagères, pas de machines à laver, pas de lave-vaiselle, le linge est recousu, lavé et repassé. A l’heure du midi il ne faut pas oublier le repas à cuisiner et à servir.

A la sortie de l’école la rue s’anime. Les femmes, assises sur des sièges installés sur les trottoirs, ont passé l’après-midi à exprimer leurs visions de la vie, la politique, la famille, les voisins et voisines, bref à commérer, certains diront à « cancaner », tout en tricotant et rapiéçant les habits.a quatre heures finie la tranquillité, elles laissent la place aux gamins qui se libèrent du calme maintenu en classe par la sévérité des instituteurs formés à l’école de la république. Les vélos, les patins à roulette, les vrais en métal, les cyclorameurs et autres voitures à pédale sortent dans la rue et des courses sont organisées. Plus loin les plus jeunes jouent sur les tas de sable à d’interminables Tours de France avec des billes et des vélos miniatures en plomb. D’autres lancent des bateaux en papier sur l’eau des caniveaux. Les plus âgés,plus turbulents s’affirment en allumant des pétards dans les boites aux lettres au désespoir des grands-mères qui essayent de les pourchasser avec leur balai. A 19 heures tout le monde dîne dans le quartier, si Yvon arrive chez lui 5 minutes en retard son assiette est retirée de la table familiale et il peut aller se coucher tout de suite sans manger, pas d’explications ni de prétextes mais des excuses car les parents tiennent une discipline de fer pour la bonne cause.

Yvon et Lucien, deux potes de la rue, démontent leurs « Mobylette Motobécane » achetées chez Renoncé rue Pierre Timbaud. Yvon a 14 ans. Il est le sixième enfant de sa famille. Sa Grand-mère, Mme Fournier, arrivée de la Haute Vienne avec son mari tient une épicerie au 12 de la rue Dupressoir. Il a loupé son « certif », de peu, à l’époque le certificat d’études c’était quelque chose, il valait bien le bac d’aujourd’hui. Pas de calculette mais il y avait encore les leçons de moral que l’on veut réintroduire aujourd’hui. L’instit imposait le respect qu’on lui devait où les punitions étaient sévères et souvent doublées par le père.

Avec son copain Lulu ils suivent des cours de fraisage et d’ajustage à Levallois. La journée est longue 10 heures de travail. Les deux amis sont comme des frères, les mêmes loisirs, les mêmes passions mécaniques …les mêmes filles. Pourtant ils ne manquent pas de penser aux « grands-mères » en les aidant à porter leurs commissions. Souvent ils vont rendre visite à madame Corète, la femme de Georges un déporté cloué chez lui par la maladie rapportée des camps de la mort. Le pauvre homme décédera malheureusement peu après. Parfois ils se rendent à la Bourse du Travail pour la soupe populaire qu’il ramène aux plus démunis. Les jeunes de l’époque étaient plus attentifs et beaucoup moins individuels qu’aujourd’hui grâce à leur éducation communautaire. D’ailleurs ils allaient régulièrement au patronage, celui de la Bourse du travail qui les emmenait au Parc Pigeon ou à celui des curés de la paroisse toute proche, plus pour aller voir, de leur propre aveu, les filles que pour suivre le catéchisme. Le jeudi après-midi tout le monde se rendait chez Yvon pour suivre à la télé, rare dans les années 50, Zorro et Rintintin. Au fil des années, les deux potes vivent des expériences précieuses, ils apprennent la vie avec ses choix mais aussi ses peines, perfectionnent leurs loisirs, améliorent leurs moyens de transport en échangeant les mobylettes pour des motos puis des voitures avec l’obtention du permis à 18 ans. Les filles commencent à tenir une place très importante et les week-ends les déplacent à Laroche Migennes dans la maison de campagne des parents d’Yvon.

Saviez-vous qu’une « boite de nuit » avait existé au 21 dans cette rue ?  En effet nos deux compères ont équipé la cave des parents de Lulu pour en faire une boite nommée officiellement « La Cave ». C’était une façon de se retrouver entre copains et de créer des unions. Le frère de Lulu a rencontré la sœur d’Yvon et ils sont mariés depuis 40 ans. Bien d’autres couples se sont formés dans cette boite, d’autres se sont aussi défaits… La cave avait été peinte de carrés noir et blanc par les deux associés à la façon du club de Saint Lazare « Le Damier ». Les « tenanciers » achetaient des gâteaux défraîchis  chez le boulanger pour les revendre le soir aux fêtards Pourtant aucun profit, toute recette est réinvestie dans l’achat de disques et de bougies. Cette jeunesse des années 50 n’était pas agressive, turbulente certes, inventive dans les bêtises mais, ô combien, attachante.

Au fait si un jour quelqu’un creuse dans le quartier et trouve une boite emplie de messages et de divers objets, il aura retrouvé leur trésor enfoui un soir de jeu de pirates et corsaires sur un terrain vague qui accueillera bien plus tard l’ex-piscine de la rue Danton.

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